Héliotropes

par apollinemariotte

Sur la commode, au milieu d’un désordre de boîtes à trésors et de cierges parfumés cher à sa propriétaire en cela que chaque objet invite à la rêverie, un bouquet ramassé d’héliotropes se rengorge et observe son reflet dans le trumeau posé derrière lui.

Dix héliotropes bien étoffés et bien serrés dont les tiges duveteuses et sans ramification sont rassemblées par un lien de chanvre forment un pompon safran au cœur brun dont la beauté me réjouit.

Je ne sais combien sont-ils ces pétales ovales et veloutés. La nature n’a pas lésiné sur leur nombre. Deux rangées méthodiquement disposées en quinconce emplissent toute la circonférence de la corolle. Invisibles de face, les feuilles, tout aussi touffues, sertissent la fleur en une couronne vert tilleul comme les griffes de métal précieux enchâssent la pierre d’une bague.

Toute à ma rêverie, je n’ai pas vu le temps passer. Fi ! Je le contemplerai à l’envi, recueillie devant sa délicatesse, jusqu’à ce qu’un à un, ses pétales se flétrissent et se posent sur le bois.

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