Le marathonien

par apollinemariotte

Le public s’est déplacé pour le champion olympique Mo Farah. Une fois celui-ci passé, une apparition à la vitesse de l’éclair dans un groupe d’Ethiopiens et de Kenyans, les yeux se sont rivés sur un autre homme.

Un homme souriant, que la douleur de l’effort ne semble pas atteindre tant il a la mine radieuse. Le long du Mall qui mène au palais de Buckingham, il salue le public qui l’ovationne, ne boudant pas son plaisir d’être encouragé ainsi. Chaque foulée le fait rebondir comme un ressort sur le sol, le propulsant un peu plus loin sur les 42 195 mètres qu’il doit parcourir à la seule force de ses muscles et de son cœur.

Il n’est pas inscrit dans la catégorie des professionnels, c’est un homme lambda. Dans le jargon des commentateurs outre-Manche, il ne concourt pas avec les elite men mais avec la mass.

Un homme lambda à ceci près qu’il n’est qu’à demi homme. Car il est aussi à demi acier. En lieu et place de ses tibias et de ses pieds, des lames d’acier et de carbone achèvent sa silhouette.

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