À cheval !

par apollinemariotte

Derrière la porte cochère du 18 boulevard Henri IV s’élève un fumet âcre de bocage et de fenaisons. Pourtant, lorsque l’on pousse cette porte, ce n’est pas dans la fange que l’on pose les pieds.

Dans les cuivres astiqués se reflètent les sabots vernissés à l’aplomb de flancs pansés, bardés de cuirs lustrés et coiffés de crins brossés.

Contre les portes des boxes et sur les pavés, le claquement des sabots qui s’impatientent répond au sourd mâchonnement des granulés, au cliquettement des mors sur les filets suspendus et au roulement de la boucle de la sangle que l’on serre.

Les robes baies soyeuses frisent les queues rugueuses et les peaux poisseuses sur lesquelles les picots de l’étrille poussiéreuse ont laissé leur empreinte circulaire, juste avant d’aller fouler la piste sableuse.

Dans la sellerie, les cuirs graissés et les amortisseurs en laine de mouton humidifiés par la transpiration dégagent leur odeur corsée.

Dans le manège, juchés sur des spécimens d’ 1m 65 au garrot pour les plus petits, les Cadets en reprise exécutent voltes, demi-voltes renversées, serpentines et contre-changements de main sous les ordres du Garde P.

Gare à la chute, car elle coûte quelques contusions, parfois même des traces de fers. L’abdomen de Chouchou en sait quelque chose. Mais la chute, il y en a un qui, en secret, l’espère, car elle coûte aussi un gâteau pour l’instructeur.

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