Parigotte

par apollinemariotte

La parisienne a bon dos mais elle n’est pas celle que l’on croit.

La vraie parisienne n’est ni hautaine, ni méprisante, la vraie parisienne sait décrocher un merci, n’est pas avare de sourires. Elle protège tout simplement sa bulle, bulle qui lui permet de rester stoïque à la caisse, de supporter qu’un talon aiguille lui perfore le métatarse aux heures de pointe, de laisser glisser sur elle l’incorrection du bistrotier qui exige d’encaisser son café noisette sur le champ.

La vraie parisienne a apprivoisé son milieu naturel depuis toute petite et n’en subit pas les désagréments, elle s’en accommode. La vraie parisienne ne prend pas le métro pour deux stations, elle prend ses ballerines. Elle est capable de garer un char d’une tonne sans direction assistée dans une place de Smart, en poussant un peu. Elle ne redoute pas le péage de Saint-Arnoult le dimanche soir. Elle est flegmatique, elle a passé un week-end en Normandie à s’extasier devant les vaches en sirotant un Calvados.

La vraie parisienne traverse les carrefours en diagonale sans se faire tailler un short. La vraie parisienne sait être chic en H&M ; Chanel c’est surfait. La vraie parisienne ne va pas en ville faire son shopping. Tellement province. Elle y vit.

Et ce petit accent snob qui consiste à ajouter des euh à la fin de chaque mot, c’est une vue de l’esprit des provinciaux. Malgré tout ce qu’on veut lui faire croire, la vraie parisienne n’a pas d’accent.

Et lorsque la vraie parisienne se résout enfin à dépasser le périphérique, elle habite rue de Paris. Il ne faut pas pousser quand même euh.

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