Oui, je le veux

par apollinemariotte

Ils ont dit oui et moi aussi, gravant mon approbation sur les registres.

À la sortie de la cérémonie, les confettis virevoltent et les sourires ne quittent pas les visages.

Soudain, les invités s’écartent. Intriguée, je me retourne et me retrouve nez à nez, ou peut-être devrais-je dire nez à truffe, avec le plus insolite des carrosses jamais vus à la sortie d’une église. L’air hautain, la narine mobile, le pas silencieux, un camélidé me toise, de toute sa hauteur. Fort à propos lorsque l’on connaît l’histoire des jeunes époux et sûr qu’au fin fond du Poitou, l’opération était aisée.

Si ses prémices ont eu pour cadre les dunes de Dubaï, cet engagement n’est certainement pas bâti sur son sable. Pas sûre que ce que j’avais vu quelques heures auparavant aurait pu ébranler mes certitudes.

8 heures plus tôt
Dans le train qui m’emmène à Poitiers, les voyageurs se sont assoupis. L’heure matinale n’est pas propice à la discussion. À 8h30, nous marquons une halte à Saint-Pierre-des-Corps. Tirée de mon sommeil par le roulement des bagages dans les allées, je jette un œil par la fenêtre. Un rideau de pluie étend comme un voile blanc sur la gare et la brume s’abat sur la ville.

L’homme assis devant moi a déplié un journal et commence sa lecture. Mes yeux se posent alors sur le quotidien qui titre : Le mariage, un naufrage ?

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