L’infographiste

par apollinemariotte

Sans un bruit, Coco joue du stylet sur sa tablette graphique, montant les maquettes sur son iMac 27 pouces. Elle leur refait une beauté, les met au carré pour la gravure. Les couleurs sont converties en CMJN, les typo passées au crible et les cap abusives transformées en bas-de-casse.

Vient la couleur. Avec une précision d’orfèvre, à travers son compte-fils, elle examine la trame, la saturation. Homothétie, repiquage, fonds perdus, Cromalin. Le refrain de l’exé, tandis que de mon côté, le curseur reste à l’arrêt sur une page Word, une page outrageusement Pantone 11-4800 TPX Blanc de Blanc. Saleté d’accroche, elle ne viendra pas.

Devant un chef de projet fourbu, dont le rendu du pdf haute def à son client est prévu pour hier, et un DA inquiet pour sa créa, elle rend son verdict sur le visuel litigieux, celui de la ménagère cadrage en pied, prise de vue en intérieur, enthousiaste, vêtements décontractés, qui met tout son cœur à vendre une nouvelle bouteille de gaz propane. Elle est moche tout court, c’est pas la chromie. Langue de pub va.

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