Sirocco

par apollinemariotte

La côte se déroule derrière les fenêtres du train qui file à toute vitesse le long de la corniche. Chaque virage laisse entrevoir une crique et l’écume des vagues qui se brisent. Opalin, aigue-marine, lavande, outremer, cobalt. Séchée par les ardeurs du soleil, la végétation exhale des essences de thym et de romarin. Buissons de garrigue et pins sont juchés sur le roc. Nil, pistache, amande, céladon, tilleul. La falaise, érodée par les vents et la mer, tombe à pic. Une multitude de petites presqu’îles reliées à la terre par des isthmes ténus s’avancent dans la mer. Ocre, abricot, tomette, coquelicot, amarante.

Au marché Forville règne un parfum de dolce vita. Les étals rivalisent, arborant les plus beaux melons, les oignons nouveaux les plus brillants. Ici le Cabécou, le Rocamadour et le Pérail descendu des Causses, là les citrons confits et les asperges. Plus loin, artichauts poivrade et fenouil content fleurette à la sarriette tandis que l’anchoïade nargue la tapenade.

En contrebas, sur la plage de Cannes la Bocca, c’est un tout autre étalage. Emaillée de couleurs criardes, la grève exhibe mimosas flétris, abricots fripés et pruneaux boucanés.

Publicités