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par apollinemariotte

Foucauld blottit sa tête dans mon cou. Bouille d’ange aux joues bien remplies et cheveux souples. Je profite de cet instant. L’abandon de ce petit être dépendant des adultes est captivant. Ses oreilles sont bien ourlées, ses grands yeux bleus roulent comme des billes, observant le monde qui l’entoure. Dans cette église bondée, il pose son regard tout doux sur mes voisins de derrière, attendris. Son petit bloomer laisse dépasser des mollets potelés qui gigotent.

Amusée, et non moins fière, à l’idée que mes voisins puissent penser que je suis à l’origine de ce petit rôti -qui commence à peser son poids- je ne démens pas.

A la sortie, je m’en confie à Constance, onze ans. Avec son petit air nonchalant qu’on lui connaît bien -celle-ci n’a pas volé son prénom-, le sourcil relevé et la moue désabusée, elle rit de mes enfantillages. Pour ça, il faudrait déjà que tu te maries.

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