La bobo

par apollinemariotte

Son 18e est populaire, son 18e bouge, son 18e est cool. Qu’à cela ne tienne, à force de m’entendre traiter de bourge du 17e, je décide de passer la frontière de mon 15e BCBG pour m’aventurer rive droite. Ligne 12. Station Jules Joffrin. Au fur et à mesure que je monte vers le nord, la bourge en moi se crispe. La Porte de la Chapelle se rapproche dangereusement. Ouf, enfin je descends.

Je gravis les dernières marches avant d’arriver à l’air libre lorsque mon regard se pose sur la mairie. Les ors de la République semblent avoir oublié d’être populaires.

Je parcours les ruelles qui me séparent du sacro-saint Square de Clignancourt. Je tourne le dernier coin de rue qui m’en sépare et débouche sur… Non, je dois faire erreur. Où sont les échoppes crasseuses et les petits bouis-bouis censés faire le charme du coin ? Haussmann, dans toute sa splendeur, me nargue.

Alors je comprends. La gouaille, l’humour caustique et les soirées à carburer au rouge sont la partie émergée de l’iceberg. Les cours de couture et le marché du dimanche matin la trahissaient déjà un peu. Elle est bobo avec ses sandales à semelle de bois, bobo jusqu’à la moelle avec ses salades de pousses et ses soupes bio. Elle est complètement bobo quand elle fume ses Vogue en prenant son café. Ses plantes aromatiques sur son appui de fenêtre, son chat Joseph, son papyrus Guy, tout est bobo.

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